QUelleS bonneS PRaTiQUeS leS conSTRUcTeURS De vÉhicUleS inDUSTRielS onTilS miS en œUvRe ? PRoJeT lUT PiloTÉ PaR RenaUlT TRUckS conscients de l’impact de leurs véhicules dans la vie quotidienne, les constructeurs de véhicules industriels redoublent d’ingéniosité pour réduire le bruit. A l’instar d’un projet de véhicule « caméléon », prenant la couleur de son environnement, qui a été expérimenté en région rhône-Alpes de 2004 à 2008. Dénommé low noise urban trucks (lut), ce projet apporte des performances acoustiques optimisées en conditions urbaines. Marmonier, Michelin, inSA lyon, renault trucks ont travaillé à ce projet d’un budget de 5 millions d’euros (environ), financé par l’ADeMe (partie industrielle) et la région rhône-Alpes (partie académique). objectifs : travailler à la réduction du bruit du véhicule (moteur, freinage, échappement, aérodynamique) et du bruit en livraison (cabine, hayon, plancher, portes, etc.). les résultats notoires se traduisent par un abaissement des niveaux sonores de : • 2 dB(A) en by-pass (bruit mécanique), • 6 dB(A) en zone low noise (bruit mécanique), • 3 à 4 dB(A) en coast-by (bruit de roulement), • 10 dB(A) en livraison (bruit d’équipement). URF : Quel exemple concret permettrait de mieux comprendre les travaux menés par Renault Trucks ? Jean-claude Girot : Prenons le projet lut qui est un bon exemple de travail d’acoustique coopératif. en résumé, le projet lut (low noise urban truck) a pour objectif de produire des camions aux performances acoustiques optimisées en conditions urbaines. un peu comme le caméléon adapte sa couleur à son environnement, nos camions pourront se fondre dans la ville en limitant leur signature sonore. en effet, l’obtention d’un comportement acoustique du véhicule peut être différenciée selon la nature de la voie, l’heure d’utilisation, la zone géographique traversée, l’opération (roulage, livraison), et bien entendu, selon l’application du conducteur au respect des bonnes pratiques. Ainsi, les gains acoustiques peuvent être de 2 décibels en roulage (bruit mécanique), de 3 à 4 décibels en roulage (bruit de roulement), de 6 décibels en mode « lownoise » (bruit mécanique), et de 10 décibels en livraison (bruit d’équipements). ces améliorations seront d’autant plus appréciables lors des livraisons nocturnes. URF : Quels sont les axes de recherche prioritaires d’un constructeur de vi en matière de réduction du bruit, et plus généralement, des bruits de fonctionnement d’un « camion » ? Jean-claude Girot : ces axes de recherche portent principalement sur les fonctions mécaniques au sens large liées au groupe moto propulseur, à l’ensemble de la chaîne cinématique et des liaisons au sol. Ainsi, chez renault trucks, nous portons nos efforts sur les axes suivants : - recherche sur l’ensemble des bruits mécaniques liés à la motorisation : effet de la combustion, effet des chocs, rayonnement acoustique, encapsulage ou écrantage du moteur. - recherche sur le bruit lié à la respiration du moteur : admission et échappement dans un contexte de traitement des émissions gazeuses (silencieux, pot catalytique, filtres, etc.) - recherche sur le roulement (contact pneu-chaussée) avec développement de pneus plus silencieux et exigences accrues sur les revêtements routiers et urbains. “ inTeRview « le caméléon adapte sa couleur à son environnement, nos camions pourront se fondre dans la ville en limitant leur signature sonore. » Jean-Claude Girot, Renault Trucks, Direction des Affaires Publiques. - recherche sur le bruit des motorisations alternatives (gaz naturel, hybridation, etc.) - recherche sur le bruit des équipements : réduction des chocs, des frottements, tribologie*, matériaux insonorisants. - recherche sur le contrôle actif du bruit (utilisant des capteurs et des actionneurs pour optimiser la capacité à réduire le bruit émis ou à filtrer ses transferts vers les usagers). - recherche sur les méthodes de conception pour « concevoir silencieux ». URF : Qui édicte les normes pour la réduction des bruits d’un vi ? Jean-claude Girot : une Directive européenne précise les réglementations vis-à-vis du bruit extérieur des Vi livrés par les constructeurs avant équipement (caisse, accessoires, etc.). D’autre part, dans certaines agglomérations, les autorités locales imposent des règles plus contraignantes sur les véhicules complets. Des travaux sont en cours pour admettre des référentiels communs permettant de créer un marché pour des véhicules plus silencieux. URF : le constructeur est-il concerné et impliqué dans les travaux de recherche des équipementiers spécialistes fournisseurs des « accessoires » montés par la filière de la carrosserie industrielle tels que bennes, hydraulique de manutention, blocs réfrigérants, hayons élévateurs ? Jean-claude Girot : les activités sont, hélas ! assez déconnectées, chaque type de matériel faisant l’objet de standards spécifiques. il serait judicieux que des méthodes de travail plus collaboratives entre les industriels de la filière se mettent en place dans le but d’optimiser les ressources technologiques et d’accélérer la mise en œuvre de solutions plus efficientes. * Étude des frottements Silence, on roule ! 21