Emmanuel Macron présente un plan pour développer la mobilité électrique

15.02.2019 / Automobile, Energie et environnement

A l'occasion du centenaire de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles (OICA), le Président de la République a dévoilé l’ambition française pour le développement de la mobilité électrique. Plusieurs mesures ont ainsi été annoncées pour accompagner la filière et lever les freins au cours des prochaines années. Le dossier de presse est téléchargeable ci-dessous.

Devant les professionnels du secteur automobile, Emmanuel Macron a présenté « l'un des plans les plus ambitieux pour la transformation de la filière ». Reprenant les résultats du rapport pour l'automobile du futur commandité à l'automne dernier, le Président a présenté différentes mesures pour « accélérer la transition vers les voitures électriques » et faire de la France un acteur incontournable du secteur à l'échelle mondiale. L'objectif visé étant d'atteindre le million de véhicules rechargeables, dont 600 000 électriques, en 2022.

Faciliter l'électrification des flottes de véhicules professionnels

Alors qu'un véhicule neuf sur deux est acheté par une entreprise, faciliter leur passage à l'électrique va permettre d'alimenter le marché de l'occasion à moyen terme et offrir des véhicules électriques à des prix plus accessibles pour le marché de masse. Pour ce faire, plusieurs mesures identifiées comme étant des freins majeurs à l'électrification des flottes professionnelles ont été annoncées.

Tout d'abord, la possibilité pour une entreprise d'offrir la recharge à ses employés est préconisée par le rapport. Sans la rendre obligatoire, elle permet à l'employeur de pouvoir le faire dans un cadre légal clair. Ceci permettra aussi de limiter les coûts d'investissement de l'entreprise pour l'installation des bornes de recharge au travail en évitant par exemple de mettre en place un système de sous comptage individuel.

Du côté des véhicules de fonction, une décote pourrait être appliquée sur le prix du modèle électrique afin de l'égaliser avec celui d'un véhicule thermique. En effet, en l'état, les salariés ne sont pas incités à choisir une voiture électrique de fonction car l'avantage en nature à déclarer aux impôts est beaucoup plus élevé à modèles équivalents pour un électrique.

Ces dispositifs devraient être intégrés à l'arrêté du 10 décembre 2002 relatif à l'évaluation des avantages en nature en vue du calcul des cotisations de sécurité sociale au cours des prochaines semaines.

Par ailleurs, concernant les flottes publiques, le gouvernement souhaite que les collectivités territoriales et les services de l'Etat soient mis à contribution et se présentent comme exemplaires. Ainsi, 50 % des parcs roulants publics devraient être à faibles émissions d'ici trois ans, alors que les modèles rechargeables ne représentent aujourd'hui que 15 % des véhicules utilisés.

De l'importance de la communication et de la pédagogie

Dans son discours, le Président a rappelé l'importance du Portail du Véhicule Electrique dans le passage à l'électrique, afin de lever les freins et répondre aux interrogations des Français. Cet outil d'information pédagogique, porté par l'Avere-France avec le soutien de la filière électromobile, des collectivités territoriales et du Ministère de la transition écologique et solidaire, verra ainsi le jour en mai prochain.

Maintien du bonus écologique au moins jusqu'en 2022

Pour accompagner la croissance des ventes de véhicules électriques en France, Emmanuel Macron a également annoncé que le bonus écologique serait reconduit en 2020 et pour les années suivantes.

Cette trajectoire pluriannuelle du bonus pour les véhicules à faibles émissions est en effet nécessaire le temps que l'industrie puisse réaliser des économies d'échelle sur la production au passage à l'électrique et devrait contribuer à limiter le frein à l'achat lié au différentiel de prix.

L'Avere-France s'est félicitée de cette visibilité donnée aux acteurs de la filière et rappelle l'importance de s'assurer que les dispositifs d'aides permettent bien de neutraliser l'écart de prix à l'achat entre un véhicule électrique et son équivalent thermique. D'ailleurs, avec l'arrivée sur le marché de nouveaux modèles sur l'ensemble des catégories de véhicules, le gouvernement vise un coût total de possession équivalent entre modèles thermiques et électriques neufs dès le 1er janvier 2020.

Le développement d'une offre française de bennes à ordures ménagères électriques est également à l'étude, puisque l'état va financer à hauteur de 3 millions d'euros le projet « BOM ZE